Trois petits sapins de noël vert et rouge sur fond blanc.
Parentalité Questions?

Famille Musulmane: Pourquoi nous fêtons noël?

En réalité je ne fête pas vraiment noël. Enfin si ! Ça dépend du sens qu’on veut donner au mot ‘ fêter’. Nous n’allons ni à la messe de jour ni à la messe de nuit et ne tenons aucune assemblée spirituelle. A chaque fois qu’un voisin ou des amis me posent la question je ne sais pas quoi répondre.  Essentiellement, par peur d’offenser certains catholiques pratiquants pour qui réduire noël  à un sapin, une  bûche et des cadeaux serait insultant. Je précise donc à chaque fois qu’en tant que famille musulmane et marocaine nous fêtons noël de manière laïque.

Disclaimer :

Je comprends qu’on refuse de le faire, je comprends aussi qu’on soit contre (des gens de toutes les origines, confessions… refusent de fêter noël pour une pléthore de raisons). Je ne comprends pas la bigoterie et la colère qui accompagnent ce sujet. En fait, je refuse les faux débats que se soit autour de noël, Achoura ou El Miloud. Je ne comprends pas non plus qu’on ne garde de Eid Sghir que beghrir et de Eid Kebir que boulfaf et qu’on vienne sermonner les gens et remettre en question leur foi.

Souvenirs d’enfance.

Chaque famille a ses propres traditions, qu’elles soient culturelles ou religieuses. Nous ne fêtons pas tout non plus. Les fêtes autour desquelles nous avons décidé de créer des traditions familiales sont celles qui nous rappellent notre enfance. C’est aussi l’occasion de rappeler l’histoire familiale pour donner des outils à mon fils afin qu’il se construise.

Petite, nous avons toujours fêté noël en famille à la maison. Sans oublier les supermarchés, les magasins … qui changeaient de décoration pour l’occasion. Chez mes parents, tous les 24 décembre c’était dinde à  l’orange au diner et bûche pour le dessert. Ni cadeaux, ni sapin par contre. Il faut dire que durant les années 90 à Rabat les sapins ne courraient pas les rues.

Plus tard, je ne pense pas garder la tradition du sapin qui reste un simple accessoire. Par contre je compte bien continuer à reunir ma famille musulmane le soir de noël autour d’un bon dîner et d’une bûche.

Identité : Mon identité,  la sienne, la notre

Mes amis proches qui élèvent leurs enfants au Maroc se plaignent du décalage qui existe entre eux et leurs enfants. Il n’est donc pas réaliste que moi qui élève mon fils dans un pays ou j’ai déménagé à l’âge de 27 ans soit totalement en phase avec lui. Il est conscient de ses origines mais quand il dit ‘chez moi’ c’est de notre maison en Allemagne qu’il parle. Le jour où j’ai pris conscience de ça, j’ai compris que c’était à moi de créer un équilibre entre mes repères et les siens. Ca ne s’arrête pas à noël évidement nous avons beaucoup de traditions familiales parce que je sais qu’elles aident l’enfant à construire son identité et renforcent les liens familiaux.

Je ne veux pas qu’il ressente un conflit entre son monde à la maison et son monde à l’extérieur ou que les questions liées à son identité multiple évoquent en lui des sentiments négatifs. Chez nous, nous apprenons à approcher ces sujets de manière calme sans bigoterie et sans hypersensibilité.

1+1=3

Quand on y pense avec un peu de recul, cette flexibilité est nécessaire même entre marocains au Maroc. La société marocaine est de moins en moins endogame. Avec le mariage deux personnes qui viennent de deux mondes différents en créent un troisième; un peu le concept de 1+1=3. Les problèmes surviennent quand on refuse la différence de l’autre et qu’on y résiste …  C’est ce principe que j’essaye d’appliquer à ma vie en général.

L’identité est un processus, elle est multiple.

Il n’existe pas de famille musulmane type et ce n’est certainement pas noël qui va la définir. Même au Maroc, j’ai toujours été sélective des traditions que je voulais suivre et j’ai toujours su dire non à celles qui me semblaient absurdes. Je ne vais pas me transformer en super protectrice des us et coutumes parce que je vis ailleurs. Je ne porte aucun étendard. Mon seul combat est d’offrir à ma famille un cadre harmonieux pour s’épanouir. Je sais que mon fils devra souvent répondre à la fameuse question :  ‘tu viens d’où ?’ mais je veux qu’il soit à l’aise avec. IL est marocains ET allemand.. Ce n’est ni une insulte, ni une attaque. Par contre, quand il ouvre la bouche pour parler il maitrise la langue parfois mieux qu’un ‘de souche’ et il sait déjà naviguer entre les deux cultures.  

Bienvenue chez moi

Ma maison sent les plätzchen à noël, mrouzia le jour de Aid Kbir et beghrir le jour de Aid Sghir.

Bienvenue chez moi !

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